Capsules historiques

 

Personnages

  Bégin, Louis-Nazaire
  Delamarre, abbé Elzéar
  Delamarre,Victor
  Dubuc, Julien-Édouard-Alfred
  Guay, Joseph-Dominique
  Hémon, Louis
  Lapointe, Mgr Eugène
  Lemay,J.-E. (photographe)
  Savard, Félix-Antoine
  Murdock, John
  Price, William (père)
  Tremblay, Mgr Victor
   

Municipalités

  Arvida
  Dolbeau
  Falardeau
  Kénogami à Larouche
  Le Lac-Saint-Jean au début du siècle
  Laterrière
  Les mots d’origine montagnaise
  Noms de municipalités
  Sainte-Hedwidge
  Val-Jalbert
   

Événements

  Accident du Curtiss HS-2L
  Banquet chez les Dubuc
  Cirque dans la région
  Fêtes du centenaire en 1938
  Incendie chez les Ursulines
  The National Geographic magazine au Saguenay
   
Industries
  Battle Island
  Eastern Minning Smelting
  Compagnie de pulpe de Chicoutimi
  Industrie du fromage
  Industrie touristique au XIX° siècle
  Pulpe mécanique et la pulpe chimique
   
Édifice/infrastructure/lieu
  Centrale de Shipshaw
  Cimetière protestant de Kénogami
  Château Saguenay
  Croix de Sainte-Anne
  Foyer coopératif
  Pont d’aluminium
  Pont de Sainte-Anne
  Pont de glace
  Poste de traite de Chicoutimi en 1676
  Route entre Québec et Chicoutimi
  Résidence des évêques
  Séminaire de Chicoutimi
  Théâtre Capitol de Chicoutimi
   
Faits divers
  Affaire « La Gallop »
  Affaire Mathieu
  Automobile
  De Saint-Alexis à la Rivière-du-Moulin en 1844
  Invasion de chenilles au Saguenay
  Grippe espagnole
  Invention d’un Chicoutimien
  Journaux au Lac-Saint-Jean
  Légende de l’hôte mystérieux
  Mascarade de la mi-carême
  Naufrage du Carolina
  Picote à Chicoutimi
  Prohibition
  Procès de meurtre
  Syndicat catholique
  Traverse Chicoutimi-Sainte-Anne au XIX° siècle
   
Famille et généalogie
  Les Bouchard et les Gagnon
  L’origine des Tremblay

 

 

Louis-Nazaire Bégin, deuxième évêque de Chicoutimi

Louis-Nazaire Bégin est ordonné prêtre à Rome, le 10 juin 1865. Après son ordination, il poursuit ses études à Rome et à Innsbruck en théologie, en histoire ecclésiastique et en langues orientales. De retour au Québec en 1868, il est professeur à l’Université Laval et occupe différents postes dont celui de directeur du

Collection SHS, carton # 48
Petit Séminaire et de secrétaire particulier de l’évêque Tachereau. Il est nommé deuxième évêque de Chicoutimi en octobre 1888. Pendant la courte durée de son mandat, trois ans et sept mois, Mgr Bégin a fondé sept paroisses, ordonné 16 prêtres et construit un nouvel évêché. Il a également été supérieur et enseignant au Séminaire de Chicoutimi. Le 14 mai 1892, il quitte définitivement Chicoutimi pour retourner à Québec, où il occupe différents postes dans la hiérarchie de l’église. Il est finalement nommé archevêque de Québec le 12 avril 1898 puis cardinal en 1914. Louis-Nazaire Bégin décède au Palais épiscopal de Québec le 18 juillet 1925.

 

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L’abbé Elzéar Delamarre

Ce prélat connu à son époque et de nos jours par son oeuvre est né à Laval en banlieue de Québec le 8 septembre 1854. Immigré avec sa famille à Hébertville au Lac-Saint-Jean en 1857, il se fait remarquer par l’abbé J.-B. Villeneuve qui décèle en lui la vocation.

Collection SHS, carton # 2886
Après de brillantes études, payées par l’abbé Villeneuve, et malgré sa santé fragile, l’abbé Delamarre est ordonné prêtre dans sa paroisse d’adoption le 29 juin 1883. Travailleur infatigable, il est l’instigateur et le fondateur par excellence. En 1894, il met en place l’oeuvre du pain de Saint-Antoine qui vient en aide aux jeunes orphelines. En 1895, il est le co- fondateur avec l’abbé Huard du Messager de Saint-Antoine, et en 1904, il fonde la congrégation des soeurs de Saint-Antoine-de-Padoue. De plus, en 1907, il jette les bases de son oeuvre majeure, le développement de l’Ermitage Saint-Antoine au Lac-Bouchette. L’abbé Delamarre décède à l’Hôtel-Dieu Saint-Vallier, le 21 avril 1925.

 

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Victor Delamarre


Collection SHS, carton # 2206
Delamarre, de son prénom Victor Elzéar, maître des hercules est né dans notre coin de pays, plusieurs de ses records ne seront jamais dépassés. Malgré sa petite taille, il pouvait faire peur à beaucoup plus gros que lui. Que ce soit comme bûcheron, constable de police de Montréal ou simplement voyageur dans un train, Delamarre a toujours été respecté et surtout admiré. Entre autres, il souleva un rail de 950 livres, assomma un orignal d’un coup de bâton et tira de l’eau une vache de 600 livres. Qu’il s’agisse tantôt de plier entre ses deux doigts une pièce de 25 sous en argent ou de soulever la berceuse et sa mère au bout de ses bras, Victor Delamarre multiplia ses tours de force et ses démonstrations, d’abord dans la région et partout au pays ensuite.

 

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Julien-Édouard-Alfred Dubuc

Julien-Édouard-Alfred Dubuc arrive dans la région en 1892 à l’âge de 21 ans. Il occupe le poste de gérant de la nouvelle Banque Nationale à Chicoutimi. Son poste et son intérêt pour la région l’amènent à participer au projet de développement de la nouvelle administration municipale. En octobre 1897, il laisse la banque pour devenir directeur-gérant de la C.P.C. Pendant plus de 26 ans, il se voue corps et âme à l’industrie de la pulpe. J.-É.- A. Dubuc représente, pendant 25 ans, le comté à la Chambre des communes à Ottawa.

Collection SHS, non-classée
Il est également maire de Chicoutimi de 1932 à 1936. Il décède en octobre 1947, à l’âge de 76 ans, il laisse un comté, un pont et une rue portant son nom; alors que ses prénoms seront identifiés à une ville, Port-Alfred, et à une paroisse, Saint-Édouard.

 

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Joseph-Dominique Guay


Collection SHS, carton # 215A
Né à Chicoutimi le 14 avril 1866, J.- D. Guay est le fils du marchand Johnny Guay. Impliqué dans toutes sortes d’entreprises, tant commerciales, politiques qu’agricoles, J.- D. Guay fonde, en 1887, le journal le PROGRÈS DU SAGUENAY. Pendant plus de 20 ans, il en sera le propriétaire, l’éditeur et le rédacteur. En 1895, il est élu maire de Chicoutimi. C’est à lui que la ville doit son essor à la fin du XIXe siècle. En plus d’être l’initiateur du projet de la C.P.C., il dote la ville de l’électricité et d’un réseau d’aqueducs. Après 7 ans à la mairie, il démissionne et retourne à ses affaires. En 1922, il fera un retour comme maire de Chicoutimi. Il décède à Chicoutimi, le 18 septembre 1925.

 

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Louis Hémon

Partis du quai de Roberval le 6 juillet 1912, Louis Hémon et Samuel Bédard font connaissance sur le bateau Le Nord. Voici ce que M. Bédard dit suite à cette première rencontre : « La première fois que je rencontrai M. Hémon, ce fut sur le bateau de Roberval en route vers Péribonka. Je remarquai un jeune homme blond, portant un porte-manteau et une grosse couverture de laine. Il m’accosta pour me demander si je connaissais quelqu’un qui voudrait l’engager. Sur ma réponse négative, la conversation tomba. À l’arrivée du bateau au quai, je me ravisai et lui dis que je pourrais moi-même l’employer et lui demandai quel salaire il exigerait. Ce que vous voudrez, Monsieur, dit

Collection SHS, P2-10922
Hémon, en avouant qu’il ne savait rien faire. Nous convenons à ma grande surprise, de 8 $ par mois. Il faut avouer qu’il était bien naïf… » Louis Hémon restera à l’emploi de M. Bédard 2 mois.

 

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Mgr Eugène Lapointe, fondateur du premier syndicat catholique


Collection SHS, carton # 2469
Eugène Lapointe s’intéresse très jeune aux ouvriers. Étudiant en prêtrise, il est bouleversé par les scènes brutales découlant souvent de la misère ouvrière. Avec l’arrivée de la C.P.C., l’abbé Lapointe décide de mettre en pratique les enseignements du « Rerum Novarum » du pape Léon XIII. De 1903 à 1907, il sensibilise son milieu à la cause ouvrière; il fait valoir auprès des plus intéressés les avantages de s’associer en formant un syndicat. Il se met à la recherche d’une formule d’association qui pourrait cadrer avec ses aspirations et la situation des travailleurs de Chicoutimi. En 1907, le 1er syndicat catholique en Amérique du Nord est né, la Fédération ouvrière de Chicoutimi.

 

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J.-E. Lemay, photographe

Né à Québec le 20 septembre 1874, Joseph-Eudore Lemay était le fils de Pamphile Lemay, écrivain et poète, bibliothécaire du gouvernement provincial. J.- E. Lemay fait ses études en photographie à l’Académie commerciale de Québec. Après 17 années d’apprentissage chez Montminy, photographe renommé de Québec, Lemay arrive dans la région. C’est par l’entremise de son frère René-P. Lemay qu’arrive à Chicoutimi en mars 1906 pour s’établir à son compte. Son studio est situé sur la rue Racine, au pied de la côte Bossé. Réputé comme étant le meilleur photographe de l’époque, sa principale caractéristique est d’utiliser la lumière naturelle, d’après lui, elle atténue les contrastes et rend mieux la douceur des visages. J.- E. Lemay décède à Chicoutimi en février 1947 à l’âge de 72 ans. C’est sa fille Aline qui l’assistait depuis 25 ans, qui prend la relève du studio.

Collection SHS, carton # 10861

 

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Félix-Antoine Savard

Félix-Antoine Savard, romancier, poète et dramaturge est né à Québec en 1896. Il vient s’établir très tôt à Chicoutimi. Il poursuit ses études chez les frères Maristes puis entre au Grand Séminaire en 1918. Il est ordonné prêtes quatre ans plus tard à la cathédrale de Chicoutimi. De juin 1922 à septembre 1926, il est professeur au Séminaire de Chicoutimi en religion, en littérature, en français, en histoire du Canada et en rhétorique. D’avril à septembre 1927, il est vicaire à Bagotville puis il poursuit son ministère dans la région de Charlevoix. En 1944, il fait un retour à l’enseignement à la faculté des Lettres de l’Université Laval. Auteur prolifique, son œuvre littéraire la plus connue est sans nul doute Menaud maître-draveur, un classique de notre littérature québécoise. Mgr Félix-Antoine Savard décède en 1982.

Collection SHS,P2-10965

 

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John Murdock

John Murdock fait partie de la quatrième génération de cette famille d’origine écossaise établie au Saguenay. Le premier Murdock était commis pour la compagnie de la Baie d’Hudson au poste de traite de Métabetchouan. John Murdock quitte l’école à l’âge de 13 ans pour travailler comme assistant-mesureur à la compagnie Price. Neuf ans plus tard, il fait ses premières expériences comme entrepreneur dans les chantiers. Rapidement, son entreprise de jobber réussit, il acquiert des concessions forestières au Lac-Saint-Jean, à La Malbaie et en Abitibi. Homme prospère, il reçoit plusieurs titres honorifiques dont celui de colonel honoraire du Régiment du Saguenay. Il a également laissé son nom à un quartier de Chicoutimi. Il est le fondateur du poste de télévision CJPM qui porte ses initiales, ainsi que celles de ses deux fils, Paul et Craig.

Collection SHS, P2-08131

 

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William Price, père

Le fondateur de la compagnie Price est né à Elstree, en Angleterre en 1789. Il est arrivé au Canada en 1810 comme agent-acheteur de bois de construction pour la marine britannique. Son engagement terminé, il entreprend à son compte l’exploitation du bois et crée en 1816 sa propre compagnie, la Maison Price. En juillet 1842, il acquiert les propriétés de la Société des 21, et en novembre de la même année, il s’associe avec Peter McLeod pour exploiter les scieries de CHicoutimi. Après la mort de son associé, en 1852, il obtient le titre de roi du bois et contrôle tout ce secteur dans la région. Price associe à ses entreprises ses trois fils qui vont lui succéder à sa mort. William Price décède à l’âge de 78 ans, le 14 mars 1867.

Collection SHS, P2-13665

 

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Mgr Victor Tremblay


Collection SHS, carton # 2817
L’abbé Tremblay fait partie de l’équipe qui fondera une première fois en 1924, puis une seconde fois en 1934 de la Société historique du Saguenay. Après 1934, il sera entre autre l’instigateur du drapeau du Saguenay (1938), du musée saguenéen (1954) et de la revue Saguenayensia. Il sera également l’organisateur du Centenaire du Saguenay en 1938 et de 17 autres centenaires célébrés dans la région. Écrivain et conférencier prolifique, il sera le précurseur d’un courant de pensée régionaliste. Suite à sa longue carrière, Mgr Victor Tremblay décédera à Chicoutimi en juin 1979.
Mgr Victor Tremblay qui a été l’âme de la Société historique du Saguenay est né à Saint-Jérôme de Métabetchouan au Lac-Saint-Jean ne 23 mars 1892. Étudiant au Séminaire de Chicoutimi, il est ordonné prêtre le 6 juillet 1919. Il est professeur d’histoire au Séminaire de 1919 à 1959. C’est lors de cette charge qu’il développe le goût de faire de l’histoire régionale.

 

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La ville d’Arvida

En 1926, l’abondance des cours d’eau et le coût minime de leur exploitation motive les autorités de l’Aluminium Company of Canada à venir s’établir au Saguenay. La nouvelle ville que l’on crée, Arvida, doit son nom au président de cette compagnie, Arthur Vinning Davis. Les premières rues développées sont à l’ouest de l’usine, elles portent les noms de Deville, Hare, Davy et Moritz Le premier noyau de construction de maisons de cette ville débute à l’été 1926. La compagnie donne la consigne à l’ingénieur chargé du projet de loger les

Collection SHS, P2-7-10.1-p02
ouvriers à faible coût, sainement et agréablement. Un total de 270 maisons sont construites en 135 jours, 200 d’entre elles sont destinées aux ouvriers, une cinquantaine aux contremaîtres et le reste aux employés cadres.

 

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La ville de Dolbeau

L’industrie des pâtes et papiers est un des moteurs économique de la région. Au début du siècle, plusieurs compagnies vont être à l’origine de villes, pensons à Val-Jalbert, à Port-Alfred ou Kénogami. Dolbeau fait également partie de celles-là. C’est en 1926 que la compagnie Leaside Engineering, dirigée par Andrew Walbert, obtient du gouvernement du Québec des territoires de coupes dans les bassins des rivières aux Rats et Mistassini. Un an plus tard, avec l’établissement de l’usine de la Lake-St-John Power and Paper, on crée la ville de Dolbeau. Régie par un plan d’urbanisme avec ses larges

Collection SHS, carton # 371
rues bordées d’arbres, Dolbeau donne l’image du modernisme et d’une ville agréable à vivre, avec tous les services. Comme beaucoup de villes de compagnie, on y retrouve un secteur réservé aux cadres que l’on nomme « le village des Anglais ».Dès 1929, seulement deux ans après sa fondation, Dolbeau compte 4000 habitants.
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Les débuts de Falardeau

La première phase de colonisation pour Falardeau est faite en 1887 par la Société de colonisation de l’abbé David Roussel. L’objectif de l’abbé Roussel, alors curé de Sainte-Anne, était d’inciter les habitants les plus démunis de la paroisse à ouvrir de nouveaux lots au lac Clair et au lac Charles. C’est la crise économique au début des années 1930 qui va déclencher le deuxième mouvement de colonisation. Plusieurs familles vont arriver pour s’établir le 20 juillet 1931. La paroisse de Saint-David-de-Falardeau est créée officiellement en 1937. Le choix de l’emplacement de l’église pour la nouvelle paroisse va susciter bien des discussions. Finalement, c’est l’un des citoyens, Pitre Tremblay, qui va régler le problème et décider par le fait même de l’emplacement du village de Falardeau, en donnant un vaste terrain qui permet d’ériger la nouvelle église, le presbytère et le cimetière et qui accueillera par la suite le couvent, la patinoire et le terrain de jeu.

 

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De Kénogami à Larouche
Le mot Kénogami, qui  signifie en montagnais lac long, désignait avant 1912 les secteurs  du lac et du canton Kénogami, et de la municipalité que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Larouche. Pourquoi ce changement de Kénogami à Larouche? C’est qu’en 1911, à la construction de  leur papeterie, les Price étaient à la recherche  d’un  nom pour la ville qui allait accueillir cette usine. Le nom  de Kénogami leur plaisait tellement qu’ils ont acheté  pour la  somme de 200 $ le nom de la municipalité qui  le portait déjà.
Collection SHS, P2-10608
À partir de ce moment, l’ancienne municipalité de Kénogami a porté le nom de Larouche, en l’honneur de son premier résidant, William Larouche.

 

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Le Lac-Saint-Jean au début du siècle

Au début du siècle, le mouvement de colonisation s’amplifie au Lac-Saint-Jean. Entre 1901 et 1911, la population augmente de 10 000 personnes. La région compte 27 111 habitants. L’agriculture et l’industrie forestière contribuent activement à ce développement. Les scieries et les pulperies ceinturent la région, grâce au potentiel hydroélectrique et forestier. Sur le lac Saint-Jean, la navigation témoigne d’une grande activité économique. Compte tenu du temps qu’il faut pour parcourir la région à cheval et des conditions routières difficiles, il devient beaucoup plus efficace de transporter bois, marchandise et colons par bateau. À cette époque, Roberval est le terminus de la navigation et celui du chemin de fer. Entre 1902 et 1920, le bateau à vapeur le Nord transporte marchandises et passagers entre Roberval et Péribonka.

 

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La naissance de Laterrière

À l’origine, Laterrière qui tient son nom en l’honneur de Marc-Pascal de Sales de Laterrière portait le nom de Grand-Brûlé. Avant la colonisation, Laterrière était un lieu de passage sur la route des fourrures. Les Amérindiens y arrêtaient lors de leur dernier portage sur la rivière Chicoutimi (Portage-des-Roches). Les colons qui occupent les premières terres agricoles sont Mars Simard et Sauveur Saint-Gelais. L’année 1846 voit l’arrivée du père Oblat Jean-Baptiste Honorat, ce dernier est considéré comme le fondateur de Laterrière. Dès son arrivée au Saguenay en 1844, le père Honorat s’oppose au monopole des Price sur toute l’exploitation de la région. En 1846, il va jeter les bases d’une colonie libre qui consiste à créer à Laterrière une véritable paroisse agricole où les habitants pourront prendre charge de leur destinée. Ce projet qui accumule les dépenses et un échec personnel pour le père Honorat. Ce dernier quitte la région en août 1849 et les Oblats vont vendre leurs propriétés à Jules Gauthier quatre ans plus tard.

 

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Les mots d’origine montagnaise

Les mots d’origine montagnaise sont nombreux dans la région. La langue montagnaise étant riche, elle permet de résumer en un seul mot les caractéristiques géographiques d’un lieu. Voici la signification de quelques noms connus : Chicoutimi, jusqu’où c’est profond. Kénogami, lac long, Ashuapmushuan, là où on guette l’orignal, Métabetchouan, là où la rivière se réunit, se recueille, Mistassini, grosse roche, Péribonka, là où la rivière est bordée de sable, Tadoussac, mamelles ou mamelons, Saguenay, d’où l’eau sort, Piékouagami, lac plat.

 

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Noms de municipalités

Plusieurs de nos municipalités régionales font référence à des noms de personnages, de saints ou de fondateurs. En voici quelques uns : le village de Falardeau porte le nom du chevalier Antoine-Sébastien Falardeau, artiste peintre canadien-français; la ville de Jonquière est nommée en l’honneur du marquis de la Jonquière, gouverneur de la Nouvelle-France (1749-1752); Laterrière pour sa part fait référence à Marc-Pascal de Sales de Laterrière, représentant du Saguenay à l'assemblée législative du Bas-Canada (1824-1832 et 1845-1854) et conseiller législatif (1832-1841 et 1856 et 1864); le village d’Albanel au Lac-Saint-Jean est nommé en l’honneur du père Charles Albanel et enfin Bagotville qui tire son nom du comté de Bagot rend hommage à Sir Charles Bagot, gouverneur du Canada lors de l’arpentage de 1842-1843. Le nom de Saint-Gédéon, est en l’honneur de Gédéon Ouimet, procureur général du Québec. Le village de Saint-Henri-de-Taillon porte le nom de l’honorable Olivier Taillon, premier ministre de la province de Québec de 1887-1896 et le patronage de Saint-Henri a été choisi en hommage à l’abbé Henri Cimon curé d’Alma ; le village de Saint-Honoré a été nommé en l’honneur d’Honoré Petit, député de Chicoutimi de 1892 à 1919; Girardville rend hommage au député du Lac-Saint-Jean, Joseph Girard et enfin Normandin doit son nom à l’arpenteur Joseph-Laurent Normandin qui est venu fixer les limites du Domaine du roi en 1732.

 

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Sainte-Hedwidge

Située au pied des pentes qui entourent le Lac-Saint-Jean et près de la rivière Ouiatchouamiche, la petite municipalité de Sainte-Hedwidge voit arriver son premier défricheur, J.-E Guertin, en 1887. Cependant le premier à s’y installer officiellement est Jean-Baptiste Saint-Pierre en 1892. Sept ans plus tard, le curé Lizotte de Roberval obtient de l’Évêché de Chicoutimi, l’octroi pour la mission de Sainte-Hedwidge. C’est le 23 décembre 1906 que la paroisse est officiellement érigée par Mgr Labrecque et l’érection civile a lieu 4 ans plus tard, soit le 1er janvier 1910. Le nom de Sainte-Hedwidge a été suggéré pour la fête de la Sainte que l’on célébrait le jour où le délégué de l’évêque marquait le site de la future église.

 

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Le village de Val-Jalbert

Dans ce village industriel, presque tout l’argent qui y circule provient de la compagnie. Elle possède la quasi-totalité des maisons, des bâtiments, des installations et du territoire. On compte en 1920, environ 895 habitants qui logent dans 80 maisons équipées de toutes les commodités : égout, aqueduc, téléphone, électricité, etc. Il en coûtait entre 4.18 $ et 19 $ mensuellement pour louer une habitation. Village moderne, Val-Jalbert possède sa propre
gare de chemin de fer, son

Collection SHS, # 118
service de police, une caisse populaire, un hôtel, un magasin général, une boucherie, une magnifique église. Bref, le petit village de Val-Jalbert fait rêver bien du monde.

 

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Accident du Curtiss HS-2L

Dès 1922, on retrouve des hydravions HS-2L à la base de Roberval pour la surveillance des forêts. Nous retrouvons dans les archives deux accidents concernant ce type d’avion qui se sont produits dans la région dans les années 1920. Le premier est survenu le 10 août 1922. L’hydravion a dû se poser d’urgence sur un petit lac à 30 milles de Chiboubiche. Le lac étant trop petit pour que l’avion puisse  reprendre  son  envol, il  fut  abandonné.  Au cours  de  l’hiver, le  moteur fut récupéré et des « sauvages » auraient utilisé les ailes pour se faire une cabane. La seconde mésaventure s’est produite à Roberval le 26 septembre 1923. L’hydravion qui se préparait à atterrir a piqué du nez et s’est écrasé au sol, tuant les trois passagers à son bord. Le journal Le Colon du 27 septembre 1923 décrit l’accident comme suit : La machine était toute brisée et était sens dessus dessous, on ne put donc trouver les passagers immédiatement, il y avait environ 18 pieds d’eau à cet endroit. Parmi les victimes, le pilote et l’ingénieur forestier.

 

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Un banquet chez les Dubuc

En 1908, lors d’un voyage en Europe, monsieur et madame J.-E.-A, Dubuc ont l’insigne honneur d’être admis auprès du pape Pie X. Lors de cette rencontre, le pape leur remet des bénédictions pour les contremaîtres de la Compagnie de pulpe. En revenant au Canada, madame Dubuc propose à son mari d’organiser un banquet pour remettre ce précieux souvenir. Une invitation est alors envoyée aux contremaîtres et une circulaire aux ouvriers. Ces derniers sont invités à prendre part à un concours où leur intelligence et leur débrouillardise seront mis à profit au service de la CPC. Les quatre prix de 25 $ en or seront remis lors de ce banquet. C’est ainsi que de 1908 à 1912, les contremaîtres et quelques

ANQ, fond Dubuc
ouvriers sont conviés à un banquet chez le grand patron. L’ambiance était joyeuse et la camaraderie y régnait. Les repas étaient copieux et on ne manquait pas de porter des santés au Pape, au roi, au clergé et à la paroisse Sacré-Coeur, à la presse et aux dames. Victimes de leur succès, les Dubuc ont mis fin à ces banquets, leur résidence ne pouvant plus contenir le nombre élevé d’invités qui devait y être convié

 

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Un grand cirque dans la région

Au mois d’août 1897, on peut voir dans le journal Le Progrès du Saguenay une publicité qui annonce le venue d’un cirque dans la région. Le Grand Cirque de Léon W. Washburn présente des spectacles à Chicoutimi le 8 août et à Roberval le 10 août. À leur arrivée à Chicoutimi, la troupe qui est accueillis par la foule de 1000 personnes déambule dans les rues de Chicoutimi offrant un véritable spectacle à la population. Lors des deux représentations, le Cirque attire de 3000 à 4000 personnes en après-midi et plus de 1500 en soirée. En plus des manèges équestres, des acrobates, des champions athlétiques, les acteurs, les chanteurs, les bouffons, et une foule d’animaux sauvages exotiques, le Cirque amène une grande vedette un hippopotame de 6000 livres : Behemoth. Le 10 août, toute la troupe quitte Chicoutimi en direction de Roberval.

 

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Les fêtes du centenaire en 1938


Collection SHS, P2-7-06-1-p43
En 1938, les fêtes se déroulent de juin à septembre, elles débutent avec la fête du 11 juin qui commémore l’arrivée des pionniers du Saguenay. Le grand événement de ces fêtes est le pageant, véritable fresque historique en plein air, écrite par le dramaturge, le père Laurent Tremblay. Parallèlement aux festivités organisées à Grande-Baie, chacune des paroisses de la région souligne à sa façon, chacune d’elle aura son costume spécifique aux couleurs du Saguenay, les hauts faits historiques de ses fondateurs. Que reste-t-il du centenaire? Un drapeau, un volume historique du Saguenay, des origines à 1870, et la fierté d’appartenir à notre région.
La commémoration des anniversaires et des faits de notre histoire fait partie du rappel de notre mémoire. La première grande célébration histo- rique de la région est le centenaire du Saguenay 1938. Pour cette occasion, un comité est formé dès 1937 sous la présidence conjointe de l’abbé Victor Tremblay et du pharmacien de Bagotville, Antoine Desgagné. Avec la collaboration des 78 paroisses de la région, le comité du centenaire veut montrer à tous notre riche histoire.

 

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Incendie chez les Ursulines

L’incendie qui s’est déclaré chez les Ursulines de Roberval, le 6 janvier 1897, fut une véritable catastrophe pour cette congrégation. À 5h15 du matin, tout juste après les premières Heures de l’Office de l’Épiphanie, la sacristie s’aperçoit que le feu est pris dans la crèche de l’Enfant-Jésus. Rapidement, les flammes se propagent. Sous l’effet de la chaleur, les vitres de la chapelle éclatent et le vent qui entre répand le brasier au reste de la maison. Dans ce terrible incendie, 7 religieuses ont été victimes de leur dévouement : Mère Saint-François-de-Paule qui a tenté de sauver des pensionnaires demeurées au couvent pour la période des Fêtes; les soeurs Saint-Louis et Saint-Antoine de Padoue qui partirent à la recherche de Mère Saint-François-de-Paule; Mère Marie-de-la Providence qui avaient fait descendre les enfants du dortoir; Mère Sainte-Anne qui tenta de sauvé les archives dont elle était responsable; Soeur Saint-Dominique, malade ce matin-là, elle était restée dans sa chambre et enfin Mère Sainte-Ursule qu’on vit au début de l’incendie allumer une lampe.

 

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The National Geographic magazine au Saguenay

À l’occasion des fêtes du centenaire du Saguenay en 1938, le célèbre magasine The national geographic envoie un reporter dans la région. Ce dernier du nom de Harrison Howell Walker avait pour mandat la rédaction d’un article décrivant les festivités du centenaire, ainsi que le mode de vie des Saguenéens. Ce journaliste a parcouru la région au cours de l’été 1938, photographiant et interrogeant la population. C’est en mai 1939 que le reportage paraît dans le magazine, faisant découvrir au monde entier le Royaume du Saguenay. Parmi les photographies dans ce reportage de 37 pages intitulé Gentle folf settle stern Saguenay. On French Canada’s frontier colonists keep the custums of old Norman settlers, on retrouve plusieurs scènes de la vie quotidienne et divers points d’intérêt de la région, par exemple la rivière Ashuapmushuan à Saint-Félicien, devenu célèbre grâce à ce reportage.

 

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L’Écorceur de la Battle Island

Le XXe siècle marque l’essor de l’industrie papetière au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Nos richesses forestières et nos rivières sont des ressources de premières mains pour les compagnies. En 1900 la loi canadienne qui oblige une tarification plus élevée pour le bois exporter à l’extérieur du pays amène les compagnies à venir s’installer au Canada. C’est dans ce contexte que naît la Battle Island à l’Anse-à-Benjamin à Grande-Baie. Cette usine d’écorçage de bois qui est la propriété de New-Yorkais, bénéficie de plusieurs milles carrés de concessions forestières et procure du travail à près de 300 personnes.

Collection SHS, carton # 1764
Le bois écorcé est expédié par bateau aux papetières ontarienne et américaine. L’avantage de s’installer ici est simple, les billes de bois écorcées perdre une bonne partie de leur poids ce qui leur permet d’épargner sur les coûts de transports élevés. Cependant la nouvelle loi qui entre en vigueur en 1910 interdisant l’exportation du bois à pâte, varalentir considérablement les activités de la Battle Island. En 1915, l’usine est complètement abandonnée et plusieurs chef de famille se retrouve sans emploi.

 

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La Eastern Minning Smelting

En avril 1954, le gouvernement vend les terrains de la défunte pulperie de Chicoutimi pour la somme de 240 000 $ à la compagnie torontoise Eastern Minning and Smelting Co qui se spécialise dans l’affinement de métaux. Échelonnés de 1954 à 1959, les travaux d’aménagement dont le harnachement de la rivière Chicoutimi, la construction d’une centrale hydroélectrique et de l’usine ainsi que l’aménagement d’infrastructures pour le fonctionnement de l’usine. Les travaux qui sont entrepris dès l’automne 1955 procurent du travail à plus de 200 hommes.

Le 4 mars 1958, à la suite des changements économiques importants, et malgré les 12 millions $ investis sur le site, tous les travaux sont abandonnés. Aujourd’hui, il nous reste comme vestige de cette époque un viaduc inachevé, et une centrale hydroélectrique toujours en fonction, opérée par Elkem Metal.

 

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La Compagnie de pulpe de Chicoutimi


Collection SHS, carton # 6026
adjacent au premier. L’année 1919 marque le début des travaux de l’atelier de réparation mécanique et d’une quatrième usine située dans la partie avant du deuxième moulin. Tous ces projets d’agrandissement et de rénovation ont des répercussions sur la compagnie. Sa production annuelle passe graduellement de 11000 tonnes à près de 100 000 tonnes. Au cours des années, son capital action grimpe à 30 millions de dollars et ses profits passent de 20 000 $ à deux millions de dollars.
Fondée le 24 novembre 1896, avec un capital de 50,000 $, la Compagnie de pulpe de Chicoutimi fait construire ses moulins un à un, en fonction des   contrats   qu’elle  obtient. C’est  en  janvier 1898 que le premier moulin débute sa production.Cinq ans plus tard, le deuxième moulin, considéré comme l’un des plus grands au monde, est mis en opération. En 1912, on entreprend la construction d’un troisième moulin

 

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L’industrie du fromage

Le train qui arrive depuis 1888 à Roberval et 1893 à Chicoutimi amène un développement important pour la région. Plusieurs secteurs vont bénéficier de cette progression technologique. Un des secteurs est celui de l’industrie fromagère. On compte dans la région, en 1891, 27 fromageries, quatre ans plus tard 55 et en 1901 plus de 81 fromageries. À cette époque, la région produit 3,6 % du fromage québécois et son principal acheteur est la Grande-Bretagne. En 1895, le grand nombre de fromageries et de beurreries qui existent oblige la mise en place d’une bourse pour la vente du fromage à Chicoutimi. Cette création entraîne un an plus tard la construction d’un entrepôt frigorifique près des quais de Chicoutimi afin d’entreposer le beurre et le fromage destinés à l’exportation en Grande-Bretagne. Il est intéressant de constater que ce réseau d’exportation du fromage sera à l’origine de celui de la pulpe au début du XX° siècle.

 

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L’industrie touristique au XIX° siècle

L’essor des croisières sur le fleuve Saint-Laurent et le Saguenay après 1860 va entraîner la construction des hôtels de luxe dans la région. Les hôtels situés aux principaux points d’escales des bateaux vont devenir des stations de villégiatures estivales fort courues par une clientèle assez à l’aise financièrement. C’est dans cette vague que les hôtels suivants ont été construits ou rénovés : l’Hôtel Tadoussac, dans la baie de Tadoussac en 1865, L’Hôtel McLean, à La Baie en 1882, L’Hôtel Roberval, À Roberval en 1888,

Collection SHS, carton # 1661
l’Island House située à l’entrée de la Grande Décharge en 1890 et finalement le Château Saguenay, à Chicoutimi en 1898. Avec le développement de ces hôtels, un important réseau d’infrastructures va se développer afin decom- pléter les attentes des visiteurs. Cette activité touristique jouera une part importante dans l’économie de la région dans les premières décennies du 20e siècle.

 

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La pulpe mécanique et la pulpe chimique

Notre région est reconnue pour ses richesses forestières. Plusieurs compagnies sont venues installer leurs usines au début du siècle pour produire soit de la pulpe mécanique ou de la pulpe chimique. À Chicoutimi, à Val-Jalbert et Péribonka, les usines produisaient de la pâte mécanique. Ce procédé qui date des années 1840 est basé sur un moyen mécanique. La bille de sapin ou d’épinette qui a d’abord été écorcée est littéralement broyée sur une meule. Puis, on mélange les fibres avec de l’eau. Les usines de Kénogami, de Port-Alfred, de Dolbeau et de Riverbend produisent pour leur part de la pâte chimique. Ce procédé est obtenu en réduisant les billes de bois en copeaux puis en faisant tremper ces derniers dans un bain de produits chimiques. À l’époque, les papetières achetaient les deux types de pâtes et en mélangeant 80 % et pâte mécanique avec 20 % de pâte chimique, ils produisaient leur papier journal. Encore aujourd’hui, on utilise ces deux procédés. Les différents pourcentages utilisés dans le mélange des deux types de pâtes produisent différentes sortes de papier.

 

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La centrale de Shipshaw

La construction de la centrale hydroélectrique de Shipshaw entre 1941 et 1943 est considérée comme un record en ce qui concerne la rapidité de construction. Construite lors de la Deuxième Guerre mondiale, elle permet l’augmentation de la production en électricité pour Alcan, permettant à cette dernière de répondre à la demande croissante de l’aluminium pour la construction des avions militaires. Ce projet considéré comme gigantesque à l’époque a donné de l’emploi à plus de 10 000 ouvriers qui travaillaient sur des quarts de travail de jour et de nuit. Sa construction, prévue au départ

Collection SHS, P2-01004
sur un échéancier de cinq ans, a été terminée en seulement 28 mois. Ses 12 turbines qui vont produire près d’un million de chevaux-vapeur en faisait une des centrales les plus puissantes au Canada.

 

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Cimetière protestant de Kénogami

Au début du XXe siècle, l’église protestante de Kénogami acquiert un terrain (longeant la rue Monfort à la hauteur de la rue Saint-Louis) afin d’inhumer leurs morts. Ce terrain qui appartient à la compagnie Price jusqu’en 1927, est cédé à la Kénogami Protestant Cemetery Association . À cette époque, l’association qui est tout nouvellement constituée et dirigée par deux pasteurs vend les emplacements (5 pieds x 6 pieds) au coût de 25 $ à tous les non-catholiques comme l’un de leurs règlements le stipule. Au début des années 1940, l’association manque de terrain et se voit dans l’obligation d’agrandir. La Compagnie Price leur cède encore une fois, un terrain adjacent au cimetière déjà existant. Puisque de nombreux émigrants vivent et travaillent à Kénogami, il n’est pas rare de retrouver des monuments funéraires portant des noms tels que Nikkamen, Heinsken, etc.

 

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Le Château Saguenay


Collection SHS, carton # 4542
Il y entreprend la reconstruction de l’hôtel qui portera le nom de Château Saguenay. Véritable hôtel de luxe, le Château Saguenay va devenir l’orgueil de Chicoutimi. La proximité de la gare ferroviaire et de la rivière Saguenay vont grandement favoriser l’accès au Château. Dès sa première année, on y accueille de nombreux visiteurs du Québec, des États-Unis et de l’Europe. Les années fastes se terminent plus tragiquement. Le 24 juin 1912, le feu prend naissance dans les cuisines de l’Hôtel. Le Château Saguenay, la cathédrale, le Séminaire et tout le haut de la rue Racine sont dévastés par le feu.
En 1894, J.-D. Guay fait une demande au Conseil municipal de Chicoutimi afin d’obtenir un permis d’alcool pour la construction d’un hôtel, mais le conseil refuse. Trois ans plus tard, Guay achète l’Hôtel Martin, situé au coin des rues Racine et Salaberry.
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La croix de Sainte-Anne


Collection SHS, carton # 444
Le 20 juillet 1863, lors de sa visite sur la rive du Saguenay, Mgr Charles-François Baillargeon, archevêque de Québec, invite les gens à dresser une croix afin d’avoir un lieu qui permettrait à la population de prier pour la protection des gens qui traversent le Saguenay en bateau. La croix dressée sur le plus haut sommet des deux rives, au cap Saint-Joseph, est visible des résidants de Sainte-Anne et de Chicoutimi. Lors du feu de 1870, la Divine providence agit. Le feu s’arrête et change de direction devant l’emplacement de la petite croix épargnant ainsi tout le village de Sainte-Anne. La croix actuelle, toujours placée sur le même bout de terrain, fut bénite le 30 juillet 1922 par Mgr Labrecque et l’abbé Alexandre Maltais. Cette croix de fer mesure 60 pieds de hauteur.

 

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L’aventure du Foyer coopératif

Le 2 mai 1944, à la salle des Syndicats sur la rue Morin, 14 citoyens de Chicoutimi signent une déclarations suivant la Loi des syndicats coopératifs et créent le Foyer coopératif. Le but est de faire une cité-jardin où il fera bon vivre avec sa famille. En 18 mois, ils seront plus de 60 membres issus de la classe moyenne. Ils prendront un an et demi pour choisir et acheter leurs terrains. Il faudra deux autres années pour faire changer les limites municipales et organiser la construction d’un réseau d’aqueduc et d’égout puis de voir enfin bâtir les trois premières maisons. En 1948, 12 maisons s’y ajouterons et 19 autres en 1949. Les 34 maisons logent 160 personnes, dont la moitié sont des enfants.

Collection SHS, carton # 1097
La cité-jardin à laquelle on rêvait en 1944 constitue aujourd’hui sous le nom de quartier Notre-Dame-du-Saguenay, à Chicoutimi. Le Foyer coopératif est le premier et l’une des plus importantes coopératives d’habitation dans la région et l’une des premières réussites du genre au pays.

 

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Le pont d’aluminium


Collection SHS, carton # 910B
prépare les plans préliminaires, choisit l'enplace, détermine le tracé et fournit le matériel. La Dominion Bridges fait le dessin final, fabrique la structure et l’érige. À la fin d’août 1947, les ingénieurs du monde entier vont surveiller le début des travaux de ce premier pont en aluminium. Le 16 juillet 1950, le pont d’une longueur de 154 mètres et ne pesant que 163 tonnes est officiellement ouvert à la circulation. Ce pont est reconnu comme était l’un des ouvrages d’art des plus remarquables du génie civil canadien.
Le conseil municipal d’Arvida, en 1943, songe à établir un deuxième pont entre Arvida et Ville-Racine. On demande alors aux ingénieurs d’Alcan de faire des études sur ce projet. Cette dernière

 

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Le pont de Sainte-Anne


Collection SHS, carton # 1952
c’est celui de la rue Sainte-Anne qui sera retenu et mis en branle. En août 1931, on débute les approches, en novembre, c’est la firme A. Janin & Cie qui commence les travaux de construction des piliers, des planchers et des trottoirs. La Dominion Bridge aura le contrat de la structure métallique. Le premier décembre 1933, les travaux sont complètement terminés et trois jours plus tard, la première voiture traverse. Considéré comme l’un des plus modernes en 1933 avec sa travée tournante, la plus longue en Amérique du nord, le pont de Sainte-Anne aura coûté 1,2 millions de dollars et ne sera jamais inauguré officiellement.
Dès 1896, le député Honoré Petit est chargé par ses concitoyens de faire une demande auprès de son gouvernement pour la construction d’un pont entre   Chicoutimi   et  Sainte-Anne. À  partir   de cette date, le pont est un sujet de discussion régulier dans le journal le Progrès du Saguenay. C’est seulement en 1926 que des études techniques vont être faites pour la construction d’un pont. Sur les quatre projets de sites émis,

 

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Le pont de glace

Jusqu’à la construction du pont de Sainte-Anne, le seul moyen de traverser la rivière Saguenay en hiver était par le pont de glace. Des trois ponts qui étaient situés à la hauteur de Saint-Fulgence, des Terres-Rompues et de Sainte-Anne, c’est ce dernier qui était le plus utilisé en raison de la forte concentration de population au village de Sainte-Anne. De l’arrêt de la traverse à la formation du pont de glace qui ouvrait généralement quelques jours avant Noël, le village de Sainte-Anne se trouvait complètement isolé. Alors qu’au printemps, l’attende entre les deux modes de transport ne prenait que sept à huit jours, au début du 20e siècle, la construction de barrages va modifier considérablement le courant de la rivière Saguenay et entraîne des prises de glaces beaucoup plus tardives et moins solides. La construction du pont de Sainte-Anne en 1933 viendra mettre fin à bien des tracas.

 

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Le poste de traite de Chicoutimi en 1676

Charles Bazire, marchand de Québec qui avait le bail de la traite à Tadoussac, s’aperçut que pour réussir, il fallait qu’il abandonne Tadoussac pour s’établir le plus loin possible dans les terres. C’est de cette façon qu’on vient à créer, les postes de Chicoutimi et Métabetchouan. Le 24 juin 1676, on détermine le site pour le poste de Chicoutimi. Le lieu choisi est celui-là même où les indiens faisaient haltes à la fin des portages, celui à l’embouchure de la rivière Chicoutimi. On construit d’abord une chapelle puis deux maisons; l’une servira de magasin et l’autre servira d’habitation aux commis du poste et aux missionnaires. Tous les travaux du poste sont terminés le 27 septembre 1677. Le poste de Chicoutimi deviendra l’un des postes pivots de la traite des fourrures, étant situé à la tête de la navigation.

 

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La route entre Québec et Chicoutimi

Dès 1863, le gouvernement nomme une équipe d’arpenteurs afin de trouver une route entre Chicoutimi et Québec. L’expédition qui dure un mois, fait peu de bruit. Cinq ans plus tard, c’est le curé de Beauport qui propose une route entre Québec et Chicoutimi. Le gouvernement donne une subvention de 5000 $ et quelques années plus tard, un chemin de terre, long de 227 kilomètres, relie Québec à Saint-Jérôme, au Lac-Saint-Jean. En 1873, suite à une demande du curé Racine, la route se rend jusqu’à Chicoutimi. Terminée en 1882, c’est ce tracé qui servira à la future route 54. Le projet de la route 54 naît dans les années 1930. Il faut cependant attendre la décennie suivante pour voir les premiers travaux se réaliser.
Collection SHS,  P2-09424
Le chanter qui est laborieux demande beaucoup de machinerie, beaucoup d’hommes et une quantité énorme de matériaux. La route est finalement terminée le 22 juillet 1948 et le premier ministre Duplessis procède à l’inauguration officielle le 4 octobre 1951. Terminée en 1882, suite à une demande du curé Racine, la route se rendre jusqu’à Chicoutimi.

 

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La résidence des évêques

Le manque de ressources monétaire oblige Mgr Dominique Racine, devenu évêque de Chicoutimi en 1878, à demeurer au Séminaire. Suite à un appel qu’il fait auprès des citoyens du diocèse, il achète la maison du fromager Siméon Fortin et s’y installe le 4 octobre 1887 en attendant la construction de la nouvelle résidence épiscopale. La seconde résidence de l’évêque fut l’ancienne maison de l’arpenteur Georges Duberger, Mgr Bégin (2e évêque) l’habite de 1888 à 1890. la troisième résidence, cette fois-ci, un véritable évêché, est construit entre 1888 et 1890, selon les plans de l’architecte J.- P. Ouellet de Québec. Situées sur les terrains de l’actuel évêché, cette résidence fut habitée par les évêques de 1890 à 1956. À l’automne 1956, on débute les travaux de construction de l’évêché actuel. L’édifice construit en deux parties est la réalisation de l’architecte Sylvio Brassard.

 

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Le Séminaire de Chicoutimi

La ville n’avait que 31 ans d’existence lorsque Mgr Dominique Racine fonde le Séminaire de Chicoutimi. Le 15 septembre 1893, 21 élèves se présentent à la première entrée du Séminaire, situé à l’angle des rues Jacques-Cartier et Morin. Trois prêtres s’y trouvent pour accueillir les élèves. Deux ans plus tard, en 1875, on aménage dans les nouveaux locaux situés tout près de la cathédrale. Malheureusement, le feu de 1912 oblige les étudiants à déménager encore une fois.
Collection SHS, P2-00126
Pendant la construction du deuxième séminaire, la Commission scolaire de Chicoutimi met à la disposition des étudiants son Académie commerciale. En septembre 1914, on inaugure le nouveau séminaire, sur la rue Jacques-Cartier, aujourd’hui le Cégep de Chicoutimi.

 

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Le théâtre Capitol de Chicoutimi


Collection SHS, carton # 197
Le théâtre Capitol constitue à l’époque un vaste complexe culturel qui, en plus de présenter des concerts, du théâtre et du cinéma, loge dans des salles attenantes une salle de billards, une salle de quilles et un aréna. Richement décoré, ce théâtre fait la gloire de Chicoutimi avec des invités de marque tels que Fernandel, Tino Rossi et Charles Trenet. Ce dernier dira même en entrevue à Montréal « à Chicoutimi, j’ai trouvé bien mieux qu’ici. Vous auriez tout intérêt à voir ce théâtre ». malreusement, le Capitol sera démoli au début des années 1990.
À partir de 1913, Chicoutimi possède son théâtre connu sous l’appellation de théâtre Populaire. Construit sur la rue Racine, il abrite un cinéma et une salle de théâtre qui peut accueillir jusqu’à 400 spectateurs. En janvier 1926, on le remplace par un nouveau théâtre beaucoup plus spacieux et luxueux.Érigé au coût de 85 000 $ par l’entrepreneur Robin de Chicoutimi, le nouveau théâtre de Chicoutimi logera jusqu’à 630 personnes.

 

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L’affaire « La Gallop »

Lors de la construction de la centrale hydroélectrique d’Îsle Maligne le nom de Gallop sera sur toutes les lèvres. Voici pourquoi. En août 1925, la police doit mener une enquête sur la mort suspecte de Abraham Gallop survenue le matin du 6 août 1925. Les rumeurs parlent d’un meurtre, sa femme Amy Sprague est pointée du doigt. Plusieurs faits semble la rendre suspecte. D’abord, l’incitation au près de son mari pour que ce dernier prenne une police d’assurance en juillet 1925 ; l’achat d’une robe noire deux semaine avant la mort de Gallop ; l’achat de strychnine et enfin on l’entend dire que son mari est mort paisiblement dans son sommeil alors que les voisins l’on entend hurler et se plaindre. L'enquête est ouverte et on demande l’exhumation du corps, on découvre la présence de strychnine en quantité suffisante pour tuer un homme. Le 9 octobre 1925, Mme Gallop est arrêtée et le procès est fixé au 10 juin 1926. Tout au long du procès on parle de poison, de tissu noir, d’amour, de chasse et de pêche, d’alcool frelaté et on épluche la vie intime de la Gallop. Après 2 ans et 2 mois de détention et 4 procès, Amy Sprague est acquittée le 24 décembre 1927.

 

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L’affaire Mathieu

L’affaire Mathieu 

Il serait faux de croire que nos ancêtres étaient tous pacifiques et s’entendaient à merveille… Il en était à l’époque de même qu’aujourd’hui : des chicanes éclataient entre citoyens et certaines d’entre elles pouvaient prendre une tournure inhabituelle.  Je vous présente un exemple d’une de ces chicanes mémorables. En 1849, un nommé Louis Mathieu, de Saint-Alexis de Grande-Baie, a l’idée saugrenue de vouloir se construire une maison sur le terrain de l’église.  Évidemment, les autres paroissiens ne l’entendent pas de cette façon et le somment d’arrêter ses travaux.  Mais notre homme, qu’on peut facilement considérer comme une « tête de mule » - la preuve de cela se trouvant dans tous les registres où ses plaintes sont assez souvent rejetées – fait la sourde oreille à leur demande et refuse. Devant cet entêtement, les paroissiens viennent tout simplement démolir la maison. Mathieu recommence alors les travaux. Ulcérés, les citoyens reviennent à la charge; ils démolissent la maison et jettent les matériaux à la mer, espérant sans doute régler l’affaire une fois pour toutes!  Grave erreur! C’était mal connaître Louis Mathieu : après avoir fait une liste de noms des citoyens impliqués, il s’embarque aussitôt pour Québec (à l’époque le trajet se fait en bateau, car il n’y a pas de route), fait un rapport au gouvernement et revient avec une vingtaine de policiers. Les citoyens sont faits prisonniers par ces derniers, ce qui, on le comprendra, cause une certaine commotion dans une colonie naissante! C’est l’intervention du père Honorat, plaidant en faveur des citoyens, qui dénouera la situation. Après une nuit de prison, les citoyens seront libérés. Et Mathieu construira sa maison près de la chapelle.  Mais il ne se sera certainement pas fait des amis…

Louis Mathieu est probablement né dans le quartier St-Roch à Québec.  C’est en tout cas là qu’il réside, ainsi que ses parents, lors de son premier mariage à St-Henri, comté de Lévis, avec Marguerite Blais le 21 mai 1833.  Devenu veuf, il prend comme seconde épouse Léa Mathieu, cette fois dans la paroisse de St-Roch, le 23 août 1845.  C’est donc 4 ans plus tard qu’on le retrouve dans la toute jeune colonie de Grande-Baie en train de vouloir se construire une maison à côté de la chapelle (on se rappellera que les premiers arrivants ont mis les pieds dans la région en 1838).  En plus d’avoir une « tête de mule », notre Mathieu avait aussi un « front de bœuf », car il se serait même présenté contre un Price dans une élection, selon le témoignage d’Alfred Tremblay de Grande-Baie, recueilli en 1934 : « […] Il s’est présenté une fois contre David Price.  Les Price, ça, ça gagnaient toujours leurs élections;  ils ouvraient le hangar tout garni, et les gens votaient pour eux autres pour une poche de farine… Mathieu, je l’ai entendu répéter bien des fois, disait dans son discours aux gens de Grande-Baie : « Je sais que vous allez voter pour M. Price… Mais en élisant Price vous mettez une barrière à l’entrée du Saguenay pour 50 ans… » C’est pas mal ce qui est arrivé. »

On ne sait quand est décédé ce Louis Mathieu si entêté, la dernière mention que nous avons de lui est son testament de 36 pages (!) qu’il a écrit de sa main du 30 mars au 4 avril 1863, alors âgé de 49 ans, et où il s’excuse d’avoir pu offenser qui que ce soit par ses gestes.  Quand il mourut, il ne voulut pas voir son propre curé et envoya chercher le grand vicaire Racine, mais ce dernier arriva finalement trop tard.  On peut donc affirmer qu’assurément, cet homme ne fit jamais rien comme les autres, et ce, jusqu’à la fin!

 

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L’avènement de l’automobile

C’est en 1906 à Roberval et en 1910 à Chicoutimi qu’arrivent les premières automobiles dans la région. Il faut cependant attendre 1914 pour voir circuler régulièrement des automobiles dans nos rues. Leur nombre augmentera rapidement puisque dès 1915, le magasin en gros Côté Boivin et cie se met à vendre des voitures. La même année, un club automobile voit le jour à Chicoutimi. Le conseil municipal de Chicoutimi se voit dans l’obligation de limiter la vitesse pour la sécurité des piétons et des voitures à cheval. Les limites seront fixées en 1913 à six milles à l’heure et augmenter, cinq ans plus tard, à 15 milles à l’heure.
Collection SHS, P2-00383
La première traversée en voiture vers Québec, via Saint-Siméon, est faite en octobre 1924 par neuf personnes à bord de deux voitures. Ces aventuriers parcourent 191 milles en cinq jours. Le but de leur voyage est de revendiquer une route carrossable en automobile entre Chicoutimi et Québec. Il faudra attendre un peu plus d’un quart de siècle pour l’obtenir.

 

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Une invasion de chenilles au Saguenay

Le journal le Progrès du Saguenay annonce dans sa parution du 15 juillet 1897 qu’un fléau de chenilles dévaste les forêts de la région. En plus de s’attaquer aux arbres, aux arbustes et à toutes les plantes, les chenilles nuisent au transport ferroviaire. Les insectes qui sont écrasés sous les roues des trains forment des masses gluantes et rend le système de freins inopérants. Quelques semaines plus tard, le journal le Progrès du Saguenay, dans son édition du 5 août 1897, publie un extrait d’un article du Naturaliste canadien, qui décrit la chenille en détail et présente des dessins de ces dernières. Le journal devient assez alarmiste et conclut sur ce phénomène que si chaque chenille pont 250 oeufs, la population du Saguenay devra fuir vers les États-Unis.

 

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La grippe espagnole

Dès l’automne 1918, l’épidémie de grippe espagnole qui touche l’Europe frappe la région. Les ravages de cette grippe sont alarmants. La moitié de la population du globe en est atteinte et 3 % des cas sont mortels. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sur une population de 77 066 personnes, 37 % d’entre elles en est frappée et l’on constate 620 décès. Les bureaux d’hygiène de la région et de la province vont faire des mises en garde et des recommandations à la population contre cette épidémie. On les avertit que cette maladie est causée par un microbe qui se rencontre surtout dans la salive, qu’elle se manifeste par des maux de tête, des étourdissements, une lassitude et une courbature généralisée et d’une fièvre qui atteint rapidement 103 à 104 degrés Farenheit. On demande aux enseignants de prendre les mesures nécessaires afin d’éviter la contagion des enfants dans les classes.

 

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Une invention d’un Chicoutimien

Les moyens techniques dans l’industrie du bois ont connu une évolution importante au XIXe siècle. Citons en exemple; l’invention du monte-billot, connu sous le nom de « slascher ». Au début du siècle, le bois qui arrive aux scieries doit être entré et scié à la main. Pour effectuer ce travail, une vingtaine d'hommes était requis. En 1908, M. Élie Perron, qui travaille à la scierie de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, invente un système de scies rondes qui fonctionne par enchantement sous la direction d’un seul homme. Avec ce système, les compagnies peuvent diminuer leur coût de production puisque 400 billots de 12 pieds sont maintenant coupés en l’espace d’une heure. M. Élie Perron a fait breveter son invention qui sera vendu partout au Canada et aux États-Unis. Encore aujourd’hui ce système est employé dans les scieries.

 

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Les journaux au Lac-Saint-Jean

Le premier essai pour un journal dans la région a été tenté en 1879, il avait pour titre le Murmure du Lac-Saint-Jean. Imprimé à Québec en provenant de Pointe-Bleue, ce journal ne sera publié qu’une seule fois. Tout à côté, à Roberval, le premier journal imprimé est le Lac-Saint-Jean. Le 19 novembre 1897, l’abbé Lizotte et le marchand L.- P. Bilodeau forment la Compagnie typographique de Roberval, qui s’occupe de l’impression du journal. Publié sous forme tabloïde de quatre pages, le journal paraît du 14 janvier au 4 septembre 1898, publiant en tout que 25 numéros. C’est le Rapatriement qui prend la relève pour une courte période, soit du 25 mai au 23 décembre 1899. Ne pouvant plus se passer de journal, on publie à partir du 15 mars 1900 le journal Le colon du Lac-Saint-Jean. Ce dernier sera imprimé jusqu’à l’été 1902.

 

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La légende de l’Hôte mystérieux

Cette légende se déroule à Rivière-du-Moulin en 1880. À cette époque, le souvenir de Peter McLoed était encore présent pour les gens. Tard dans la soirée, Mary Truchon, alors âgée de 18 ans, repassait sa lingerie personnelle. Elle avait pour seule compagnie, César; un gros chien reconnu pour sa méchanceté. En s’attardant sur les plis de sa robe, elle songeait aux racontars des vieux sur l’esprit de Peter McLoed. À ce moment précis, il sembla à Mary que quelque chose d’étrange l’enveloppait et la regardait. Elle releva la tête. Un homme, très grand, avec un chapeau haut-de-forme en soie et des yeux très noirs, était sur le seuil de la porte. L’homme enjamba le chien qui ne dit mot. Devant l’inaction du chien, Mary prit panique et monta à l’étage afin d’avertir ses patrons. La Dame redescendit avec Mary. Elles virent l’étrange visiteur, les 2 coudes appuyés, regardant dans leur direction. Aussitôt, les femmes verrouillèrent la porte, éteignirent les lumières. Le lendemain, le patron examina soigneusement les lieux, et ne trouva pas la moindre trace d’un homme. Tous en conclurent que c’était bien l’esprit de McLoed qu’elles avaient vu.

 

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La mascarade de la mi-carême

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le Mardi Gras ou la Mi-Carême était une fête des plus populaire. Cette fête qui avait lieu le mardi précédent le mercredi des Cendres soulevait ? à Chicoutimi comme ailleurs ? des protestations de la part du clergé. Mais on fête quand même! Le journal Le Progrès du Saguenay, dans son édition du 25 février 1897, annonçait que le Mardi Gras serait fêté de façon exceptionnelle en 1897. Pour l’occasion on organise une grande mascarade avec la participation de la fanfare du Séminaire qui jouera des airs populaires. De plus le Patinoire de Chicoutimi ? lieu où la fête est organisée ? sera décoré pour l’occasion. Pour permettre aux résidents du Lac-Saint-Jean de participer à cette grande mascarade, la compagnie de chemin de fer modifie même ses horaires. Plus de 1500 personnes assistera à cette fête et plusieurs d’entre elles paradera leurs magnifiques costumes sur la glace du Patinoire. Cette fête populaire sera organisée pendant quelques années.

 

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Le naufrage du Carolina


Collection SHS, carton # 642
Entre minuit et une heure, un choc épouvantable ébranle les 300 passagers. À l’aube, on constate que le bateau est échoué sur une pointe de roche à la Passe-Pierre, non loin de Tadoussac et que la coque du navire est littéralement défoncée. Après une nuit d’émotions, les passagers sont transportés sains et saufs à Tadoussac par le remorqueur le Thor. Pour sa part, le Carolina fut renfloué quelques jours plus tard.
Le matin du 19 août 1903, le bateau Carolina de la Canada Steamship Lines part du port de Québec en direction de Chicoutimi. Après une courte escale à Tadoussac, le navire reprend la route.
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La picote à Chicoutimi

En 1876, un règlement municipal du village de Chicoutimi ordonnait aux citoyens d’afficher sur la façade de leur maison la mention « la picote » lorsque cette maladie était dans la famille. En plus de l’affiche, le règlement stipulait la défense de laisser entrer toute personne non autorisée et ordonnait de tuer les chiens et les chats de la maison aussitôt que la maladie était déclarée. De plus, on devait creuser une fosse, assez loin des cours d’eau, on devait enduire le cercueil d’une forte couche de coltare en plus de sceller le couvercle avec de la résine ou de la gomme fondue. Le mort devait être enterré dans les 24 heures. Évidemment, la maison devait être nettoyée de fond en comble.

 

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La prohibition en 1898

En 1898, le plébiscite sur la prohibition de l’alcool retient l’attention partout au Canada. Depuis plusieurs années, les mouvements anti-alcool faisaient des pressions pour que les gouvernements consultent la population à ce sujet. Chez nous, le journal le Progrès du Saguenay prend clairement position au sujet de cette question. Il est en accord avec la tempérance, la lutte à l’ivrognerie et avec une réglementation plus sévère pour ceux qui troublent l’ordre public sous l’effet d’alcool, mais pas au point d’interdire complètement l’alcool. Il croit plutôt à un contrôle sur la restriction de l’émission des permis d’alcool. Le plébiscite national a lieu le 29 septembre 1898. Dans la région, le résultat est clair : 3142 sont contre la prohibition et 132 sont pour. La population régionale et le reste du Québec avaient bien l’intention de continuer d’arroser le temps des fêtes.

La Prohibition En dépit des nombreuses campagnes de tempérances que mène continuellement le clergé et des lois de prohibition, le commerce de boissons alcooliques est toujours florissant au début du siècle. Lors des élections de 1920, le nouveau Premier ministre L-A. Tachereau, hérite du problème de la boisson. Il va résoudre ce dernier en créant une régie pour la vente d’alcool. Par une loi adoptée le 7 avril 1921, le gouvernement crée la Commission des liqueurs. Dorénavant, les magasins de la régie seront les seuls à pouvoir vendre des boissons alcooliques. Dans la région, il n’y aura qu’à Chicoutimi que l’on pourra se procurer de l’alcool. À Roberval, les hôteliers possédaient des permis d’alcool seulement pour l’été et réservés exclusivement aux touristes. Avec ce type de permis, les citoyens environnants Roberval (Chambord, Ste-Hedwidge, etc. ) pouvaient se faire servir un verre alors que ceux de Roberval devaient absolument commander un repas. On dit qu’il n’était pas rare de voir le même sandwich défraîchi, accompagné tout au long de la journée les verres de bière ou encore les bons vieux whiskys.

 

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Les procès de meurtre

La Cour supérieure du district de Chicoutimi est présidée pour la première fois le 13 février 1862 par le juge David Roy. On retrouve dans les archives judiciaires plusieurs procès; vols, meurtres, vols, violence, prostitution, etc. Parmi tous les procès, ceux de meurtre se soldaient souvent par des acquittements de non-culpabilité. À titre d’exemple, en 1873, un certain J. Tremblay accusé de meurtre sur la personne de J.- F. Duchesne est déclaré non coupable. En 1904, une cause des plus retentissantes, celle du procès d’un cultivateur de Saint-Prime, accusé de meurtre, est soumise à la Cour. Après seulement 45 minutes de délibération, on rend un verdict de non-culpabilité. Il faut attendre les années 1920 pour obtenir un verdict de mise à mort. Il s’agit du célèbre procès de Pepitone Gaetano accusé de meurtre sur la personne de John McNally. Condamné à mort, Gaetano fait appel, mais le verdict est maintenu et il doit monter sur l’échafaud.

 

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Premier syndicat catholique

Créée en 1907, la Fédération Ouvrière de Chicoutimi (FOC) compte à la mi-décembre 50 membres dont la cotisation mensuelle est de 25 cents. Centrée sur la mutualité et sur l’éducation, et non sur les problèmes à caractère professionnel, la FOC ne recueille pas toutes les faveurs escomptées par les organisateurs. L’abbé Lapointe décide de modifier les structures de son syndicat. Élaborant une nouvelle constitution en rayant les éléments qui font ombrage à son œuvre,, il jette, en mars 1912, les bases de la Fédération Ouvrière Mutuelle du Nord (FOMN). De 411 membres en 1912, la FOMN passe à 1100 membres en 1914.

 

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La traverse Chicoutimi-Sainte-Anne au XIX° siècle

Dans les premiers temps de Chicoutimi, le moyen de communication entre les deux rives du Saguenay était assez primitif. Les longs canots que l’on utilisait au début firent place à des chaloupes et des chalands pour transporter animaux et marchandises. Plusieurs habitants de Chicoutimi et de Sainte-Anne s’improvisaient traversier afin d’accommoder les résidents des deux rives. Chacun chargeant un tarif différent, des citoyens vont porter plainte auprès des autorités municipales pour veiller à la régularisation des prix et des heures de traverse. Le 17 avril 1865, le conseil du Comté de Chicoutimi vote un règlement qui fixe les points de départ et d’arrivée de la traverse, les prix des passagers et l’obtention d’une licence pour tous ceux qui voudront agir comme traversier. Cette licence au coût d’une piastre est délivrée au mois d’avril et le détenteur doit tenir sa ligne de la débâcle aux premières glaces. De plus, ils doivent effectuer cinq traverses par jour de la semaine et trois le dimanche. Ce moyen de transport par chaloupe persistera jusqu’à l’automne 1874. Par la suite, le bateau à vapeur prendra la relève jusqu’à la construction du pont de Sainte-Anne en 1933.

 

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Les Bouchard et les Gagnon

Parmi les origines des Bouchard et des Gagnon, nous retrouvons Claude Bouchard et les frères Gagnon. Claude Bouchard dit « petit Claude », tailleur d’habits, fils de Jacques et de Noëlle Touschard, originaire de Saint-Come-de-Vair au perche (France). Claude se marie à Sainte-Anne-de-Beaupré, le 25 mai 1654, à Louise Gagné, alors âgée de 12 ans. Son surnom de « petit Claude » lui sert à le différencier de son homonyme, le chirurgien Claude Bouchard dit Dorval, qui habite l’île d’Orléans. Du côté des Gagnon, nous retrouvons trois frères parmi les souches de la famille en Nouvelle-France. Il s’agit de Pierre (1612-1699), de Jean (1610-1670) et Mathurin (1606-1690), qui arrive au pays en 1640. Ils sont les fils de Pierre Gagnon et de Renée Roger de Tourouvre, au Perche. Jean se marie à Québec en 1640 avec Marguerite Cauchon, de leur union vont naître huit enfants. Pierre se marie également à Québec, en 1642, avec Vincente Desvarieux, ils seront les parents de 10 enfants. Mathurin épouse à Québec en 1647 Françoise Boudeau, de leur mariage naîtront 14 enfants.

 

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L’origine des Tremblay

Un des noms de famille courants au Saguenay-Lac-Saint-Jean est bien celui de Tremblay! Qui est donc cet ancêtre de tous les Tremblay? Pierre Tremblay est originaire de la région du Perche en France (région près de la Normandie). Orphelin de père à l’âge de 14 ans, il décide en 1647 de s’embarquer pour la Nouvelle-France. Il était alors âgé de 21 ans. Dix ans plus tard, le 10 octobre 1657, il épouse Ozanne Achon et s’établit sur une terre dans la paroisse de Château-Richer. De leur mariage naîtront six filles et quatre garçons, Pierre, Michel, Louis et Jacques. À leur tour, les fils Tremblay auront une descendance nombreuse. Pierre sera le père de 14 enfants dont sept garçons; Michel aura 14 enfants dont neuf garçons; Louis sera le père de 14 enfants, dont six garçons et jacques assure sa descendance avec six enfants, dont cinq garçons. Pierre Tremblay, âgé d’un peu plus de 60 ans à sa mort, et ses fils auront assuré solidement leur descendance…
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De Saint-Alexis à la Rivière-du-Moulin en 1844

En ce temps de colonisation, il s’avérait très difficile, souvent impossible, d’emprunter une voie terrestre pour se voyager. Depuis des temps immémoriaux, la rivière Saguenay servait de moyen de transport naturel autant pour les Amérindiens que pour les colons. Seul un petit chemin, presque impraticable, existait entre Saint-Alexis et la Rivière-du-Moulin. Ce chemin que l’on nommait populairement la Grande ligne provenait du tracé de l’arpenteur Duberger, entre le canton Chicoutimi et Bagot. C’est le père Honorat, le missionnaire infatigable, qui dès 1844, en compagnie du gérant de Price David Blair, intéresse la population à se doter d’un chemin carrossable. Avec l’aide de Dieu et des hommes, le chemin sera terminé le 28 décembre 1844.

 

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