Historique de la Statue de la Vierge

Au milieu des années 1860, le curé Dominique Racine formule le souhait de voir une statue de la Vierge sur le Cap-Trinité. Ne pouvant soutenir cette onéreuse dépense , le curé met son idée de côté. Il faut attendre en 1878 pour voir le projet ressuscité.

C’est le malheureux voyageur de commerce Charles-Napoléon Robitaille qui aura cette opportunité. Ce dernier en voulant traverser les glaces de la rivière Saguenay entre Sainte-Anne et Chicoutimi, se retrouve à l’eau avec son cheval et son équipement. À cet instant, Robitaille évoque la Sainte-Vierge pour venir à son secours, il réussi à se hisser sur une glace et s’en sauve par miracle… Gravement affecté par cet accident, il demande, encore une fois à la vierge, de lui laisser au moins 10 ans de vie pour finir d’élever sa famille.


Collection SHS
Pour remercier celle qui lui a sauvé la vie, Robitaille décide d’ériger un monument en son honneur. Dès la fin de septembre 1880, Robitaille commande une statue de la Vierge d’une hauteur de 7,5 mètres au sculpteur Louis Jobin. Sculptée en 3 blocs dans du pin, la statue est terminée en avril 1881.Après avoir été exposée à Québec et à Montréal, elle est transportée, à la mi-août, par le vapeur Union jusqu’à l’Anse-Saint-Jean. L’ascension de la statue sur le Cap-Trinité pose quelques problèmes… Après être tombée à l’eau au quai de l’Anse-Saint-Jean, elle est tirée jusqu’au pied du Cap-Trinité. Elle y reste quelques jours partiellement immergée, jusqu’à ce qu’on la hisse au sommet du Cap. Sectionnée en 14 morceaux puis montée en 22 étapes à l’aide de palans, la statue se retrouve au sommet du Cap, 8 jours plus tard. Son inauguration eut lieu le 15 septembre 1881.

Au cours de ses 120 ans d’existence, soumise aux températures extrêmes et à l’insouciance des milliers de visiteurs, Notre-Dame-du-Saguenay a dû subir plusieurs cures de rajeunissement. Des restaurations majeures ont été entreprises en 1913, 1948 et 1977.

Reconnaissance et renommée de Notre-Dame-du-Saguenay
En 1954, le gouvernement québécois confiait la statue à la Société historique du Saguenay « pour les fins de culte religieux » et lui faisait don du terrain d’environ 200 âcres sur lequel elle était érigée. Dix ans plus tard, Notre-Dame-du-Saguenay était classée monument historique par le Ministère des Affaires culturelles. Adopté par une résolution de la Commission des Monuments historiques de Québec, le classement stipulait que cet « objet mobilier et artistique ne pouvait être acheté, vendu ou déplacé de son site actuel »

Aujourd’hui, partie intégrante et indissociable du paysage saguenéen, Notre-Dame-du-Saguenay s’inscrit dans cette tradition historique et artistique puisqu’elle a largement contribué à façonner la renommée du site où elle est érigée.